Baptême de piste avec Motorsport Academy

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Vous connaissez tous ces baptêmes de piste, souvent offerts en cadeau de fête des pères/mères, vous promettant des sensations fortes au volant de bolides exotiques. Nous nous sommes mis dans la peau d’un candide pour participer à une de ces journées.

Afin que les choses soient claires dès le départ, j’ai été invité par Motorsport Academy, société nantaise qui s’est fait une spécialité de ce type d’activité. Certains d’entre vous se souviennent peut-être que nous avions fait gagner deux coffrets cadeaux lors d’un jeu concours sur notre compte Instagram au mois de mai de cette année. Je vais néanmoins tenter de rester le plus impartial possible. Autre point : sans avoir pour autant un coup de volant fabuleux, c’était très loin d’être ma première expérience sur circuit et j’étais plutôt rôdé aux pratiques courantes liées à ce type d’événement.

Maintenant que les présentations sont faites, allons au cœur du sujet. Tout commence par le choix du circuit. Qui dit entreprise nantaise, dit circuits dans l’ouest de la France. Je réside en région parisienne, ça ne va pas être facile. Lohéac, Fay de Bretagne, Fontenay Le Comte, c’est bien joli tout ça, mais à moins de coupler avec un week-end ou des vacances, ça fait loin. Heureusement, il y a aussi Le Mans ! 1h30 / 2h de Paris, c’est largement jouable pour la journée. Et puis, Le Mans quoi ! Les 24H, Michel Vaillant, etc… Par contre, il ne s’agit pas du grand circuit Bugatti, mais de Maison Blanche, juste à côté. Passé le moment de déception, il faut quand même relativiser : l’idée de la journée est de découvrir la conduite d’une voiture de sport, pas de faire du tourisme sur piste. Il y aura bien assez à faire en restant concentré au volant.

Pour le passionné qui voudra poser ses roues sur le Bugatti, il faudra trouver une autre solution. Le choix des véhicules est assez important et regroupe de quoi faire plaisir à l’amateur : Ferrari 488 GTB, Lamborghini Huracan, Porsche Cayman, Porsche 911 GT3 RS, Aston Martin V8 Vantage,…. A partir de février il sera également possible de piloter la nouvelle Alpine A110. Pour ma part, le choix qui m’a été proposé me convient parfaitement : un combo de Porsche. Une Cayman pour se faire la main sur la piste et ensuite une 991 GT3 RS pour le moment fort de la journée.

L’arrivée devant l’entrée du circuit du Mans est toujours un moment particulier tant ce lieux est mythique. L’accès à la piste de Maison Blanche se fait facilement, en longeant l’arrière des tribunes du Bugatti. Sur place, accueil pro et cordial par Julie, qui me « confisque » mon permis le temps des tours de piste. En échange, je reçois un porte-badge et une clé USB (j’y reviendrai).

Le beau temps est de la partie, les voitures sont là et brillent au soleil. La journée s’annonce bien. L’ambiance est plutôt bon enfant et le public des stagiaires est très varié : diverses tranches d’âge et environ 2/3 masculin pour 1/3 féminin. Le monde de la bagnole se féminise, et c’est une bonne chose ! Vient le moment du traditionnel briefing pré-piste. Histoire de calmer quelques ardeurs, et surtout de donner des notions théoriques de pilotage. Entre force centrifuge, survirage et transfert de masse, les concepts sont déclinés peut être un trop vite et ont sûrement perdu quelques personnes en route. D’autant que l’impatience se fait sentir et que les apprentis pilotes sont pressés d’en découdre. Ils sont néanmoins importants ces concepts, si on veut progresser un jour.

Allez, lâchez les fauves ! Hé non, avant de prendre le volant, un tour de reconnaissance en passager d’un Porsche Cayenne pour découvrir in vivo le tracé du circuit. Personnellement, je ne me rappelle jamais de rien avant de conduire moi même, mais c’est toujours utile.

Ce coup-ci, c’est parti. Les stagiaires sont appelés les uns après les autres et dirigés vers leurs montures. L’opération se passe rapidement, trop rapidement peut-être. Tout s’enchaîne vite, car il y a du monde. Si vous comptiez avancer à pas lents vers votre monture du jour en chaussant vos Ray Ban sur le fond musical de Top Gun, il faudra repasser. Un instructeur est en place passager, comme c’est la règle.

A bord du Cayman, on retrouve l’ambiance typiquement Porsche : contact à gauche, volant très vertical, position de conduite parfaite et facile à ajuster. Décidément, je m’y sens bien. Il s’agit d’une version tout à fait civile et classique, pas d’un modèle dédié course, proposée ici en boîte double embrayage PDK. Je m’élance et j’essaie d’être sage sur le premier tour, histoire avant tout de reconnaître le tracé et de me faire à la voiture.

Les interventions de l’instructeur ne sont pas trop intrusives : indications de points freinage et de descentes de rapports et suivi de la trajectoire idéale. Celle ci est matérialisée par des plots : point de freinage, point de corde, point de sortie. Du classique, mais utile aux néophytes qui prennent peut être pour la première fois le volant sur piste. C’est que mine de rien, ça intimide un peu de pouvoir prendre toute la largeur de la route et de ne pas craindre de se retrouver face à un camion. Dans la Cayman, le rythme s’accélère un peu à mesure que je trouve mes marques et prend confiance. Forcément, je loupe quelques trajectoires et j’enrage intérieurement, me promettant de faire mieux au tour d’après. Mais comme au manège, 5 tours c’est trop court, et il faut déjà rentrer au stand.

Place à présent à celle qui va le plus éclairer ma journée : la 911 GT3 RS. Pure pistarde, virile, dépouillée, rabaissée et aileronnée. 500 ch tiré d’un flat-6 atmosphérique, avec un 0 à 100 km/h en 3,9 secondes. A vrai dire, je n’ai eu d’yeux que pour elle depuis mon arrivée. En plus, elle est rouge (Lava Orange pour être précis), et le rouge, c’est connu, ça va vite. Mais il est temps de s’installer. L’habitacle reste parfaitement civilisé, si l’on fait abstraction de l’arceau cage qui remplace les sièges arrières. On dirait un Cayman, en plus bas, plus dur, mais tout aussi facile à ajuster. Il y a même la clim, plutôt utile, parce que je sens que ça va chauffer un peu. Je démarre, toujours à main gauche bien sûr. Le moteur s’ébroue. Non, décidément ce n’est pas un Cayman. La sonorité est rauque, le compteur est gradué jusqu’à 10 000 trs/min, zone rouge à 9000. C’est un atmo, pas de doutes là dessus. Premiers tours de roue et deux choses se passent :

1. Ahah, mais c’est trop facile en fait, allez, hop sans les mains, coude à la portière !

2. Ah mais non, c’est quoi ce virage, pourquoi il arrive déjà si vite ????

Bah oui, la GT3 RS est facile à prendre en main pour de la conduite simple, mais tout va bien plus vite : accélérations, passages de rapports, freinages, vitesses en courbes. Tout se succède rapidement et je n’ai pas vraiment le temps de penser à autre chose qu’à essayer de faire des tours « propres » et d’aller taper un peu le chrono. A ce sujet, les tours ne sont pas chronométrés, sans doute pour calmer un peu certaines ardeurs. La 911 est rude, tape cul, une belle pistarde mais qui se place au millimètre, hyper précise. C’est bien là que je vois mes limites : la voiture ne rattrape pas mes erreurs. La Cayman non plus d’ailleurs, mais elle allait moins vite ! L’instructeur, différent de celui de la Cayman, est tout aussi pro et sympa. Il me guide, m’encourage, me laisse faire aussi quand je maîtrise certains passages techniques. Sa priorité est bien sûr qu’il n’y ait pas de casse, humaine ou matérielle, mais il peut laisser un peu de latitude en vous laissant monter assez haut dans les tours. Mais on ne plaisante pas avec les points de freinage et de rétrogradage ! Les dépassements sont parfaitement possibles, mais gérés par l’instructeur qui m’indique quand et où doubler. Une GT3 RS va forcément aller bien plus vite qu’une petite Lotus, sans même évoquer les qualités de conduite des stagiaires. Les 5 tours sont terminés (déjà…), retour au stand avec un beau gros sourire sur mon visage. J’attendais une claque, je l’ai eue ! Et pour immortaliser ce moment, mes tours ont été enregistrés. Un système multi-caméra est en effet installé dans les voitures, permettant de voir mon doux visage, la route, le tracé de la piste et la VMax simultanément. C’est d’ailleurs là que j’ai amèrement constaté ne pas avoir pu dépasser le 185 en GT3 RS… Tristesse….

Mais la journée n’est pas terminée, car j’ai encore droit à un baptême passager un peu spécial :  séance de drift en BMW M3 ! Ce coup-ci, c’est un instructeur qui pilote et qui me gratifie de deux tours de Maison Blanche en faisant fumer la gomme. Impressionnant et ludique, mais les estomacs fragiles peuvent peut être s’abstenir

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